
DOMINO LAVI
Depuis la Cannelière ……
Arbre lyre à l’extravagante ramure
Au vert feuillu de tes branches,
Je me suspends pour dormir
et rêver d’infatigables courses.
Tout là-haut dans la nue que tu défies.
Arbre ! épelles aux nuages mon espace-temps.
Il est confus comme le murmure du vent ivre.
Coryphée ! chante sur la lyre de l’arbre, mon histoire.
Je suis née en Guyane, le vent des hasards
sur le dos des hélices de fromager
m’a laissé glisser sur les flancs de la Pelée.
A l’ombre du Samana de Didier
EDOUARD, ROLAND ET GUY,
déposèrent en militants engagés, les contre académismes
et la révélation de mes identités multiples.
dans ma creuse calebasse, habillée de laine crépue.
Puis ce fut Karukera.
Dans l’éclaboussure des lumières vert bleues d’eaux,
dans le bourdonnement du colibri gorge irisé,
je voyais glisser l’ombre du sourire d’un grand père.
Sur les flancs de la Soufrière, j’ai rêvé de lui
A Dolé, j’ai entendu son rire.
Au Carmel, Oh sacrilège, j’ai fouillé son armoire.
Pour lire enfin sa dernière lettre.
Celle qu’il n’a pu m’envoyer,
car il était aveugle.
La lettre que je n’ai jamais reçue,
celle qui aurait été un phare,
une étoile dans mon blizzard.
1970 « A ma petite fille chérie ».
A la lecture, les lignes qui ont suivi,
étaient blanches ailes de cygnes
dessinant sur l’eau de mes larmes
de folles arabesques.
Depuis ce temps une paire d’yeux gris acier me suit,
elle berce mes douleurs.
Domino, Domino, Domino, Chinto kanoé.
Domino la vie.
As, ti pikan
Dé, Dési djòl pann.
La fleur de vie chatoyante et fragile
m’a un jour, dans un hôpital quitté,
puis sans crier gare, elle s’en est revenue
me laissant étonnée et soudain différente
sur les rivages d’un étrange quotidien.
Depuis le pont des jours,
j’ai regardé couler l’eau des mondes.
J’ai vu le dérisoire des urgences,
frappé à la porte des trop tard,
j’ai lu des poèmes dans des yeux d’enfants
d’où coulent des bombes et du sang.
J’ai vu les ruades de Gaia terre mère, pur-sang piqué.
Et maintenant mon domino tremble dans mes mains.
Mon père vieil éclaireur sourit,
il me souffle dans le vent couleur crécelle de puits :
Tiens bon ma fille, même dans le noir, la lumière luit.
Alors, j’ai vu dans mes doigts briller
doucement la lampe du double six.
C’est à toi, Sire Montdésir,
Domino ! Domino !
Domino la vie !
– Quatre Makak
– Six, Ciseline ma femme….
Domino, domino, domino
A domino mo vini jwé !
Arbre lyre joue ton Domino, domino lavi……..
Myrtô Ribal Rilos.
PAROLES DE NUIT
HUMANITE ET INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
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